Le cordon nécrosé de la mère

November 30, 2017

La mère est la créatrice, elle enfante et elle transmet. Elle est celle qui diffuse l'Amour. Elle est aussi le prolongement d’une lignée de femmes blessées qui ont soif de justice, de réparation mais aussi de vengeance et de perversion. Lorsqu’elle donne la vie, de par le cordon ombilical, elle inocule un patrimoine génétique en déséquilibre. La mère souille la vie. Elle diffuse alors la peur et la séparation. L’Être qui nait ne fait que répandre les distorsions…

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Le cordon est relié au ventre qui est le centre émotionnel, le siège énergétique mais aussi la source créatrice et impulsive. Le cordon nécrosé vient donc polluer dès la conception l’Être qui vient au monde. La mission de chacun est donc de couper le cordon (pour ne plus se faire envahir de souillure) mais aussi de nettoyer sa matrice, la reformater pour donner-recevoir et élever.

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Mère-fille

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La mère transmet à la fille les blessures de femmes. De par la mère, lui est imposé d’être fidèle à toute une lignée de femmes meurtries à travers le monde et dans toute l’histoire de l’humanité (temps et espace).

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Sa lignée la contraint à garder les blessures qu’elles n’ont pas elle-même transcendées. Ces femmes blessées réclament à leurs filles la reconnaissance de leur souffrance et ont soif de réparation et de justice.  Elles ne veulent pas être sauvées, elles veulent être « dédommagées » et revenir à un avant qui n’est plus. Elles emprisonnent les filles dans ce conditionnement.

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Les filles, les femmes se liguent donc entre elles en s’assujettant à leurs blessures d’abus. Elles ne se rendent alors même pas compte qu’elles viennent s’auto-flageller et s’auto-soumettre dans la destruction et reproduire toutes seules la violence qu’elles incriminent. Elles vont alors chercher à soumettre les filles et les femmes à leur cause et punir les hommes. C’est une programmation cellulaire « ancienne » dont les femmes n’ont pas conscience qui peut être parfois imperceptible dans leurs comportements tellement c’est usuel en ce monde.

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La fille ne peut qu’être fidèle à cette programmation car c’est avant tout une question de survie : sa mère dans la toute-puissance a le pouvoir de vie ou de mort sur elle, elle peut donc la tuer... Mais c’est aussi la condition pour qu’elle trouve sa place de « femme » parmi les femmes (sous risque de rejet). Elle est alors formatée à porter les différents masques de femmes : la putain, la boniche, la mère, la femme-enfant, la vierge, la douceur, etc et se perdre dedans. Elle n’est pas élevée à être FEMME.

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C’est un cercle vicieux car cela emprisonne le féminin. Et tant que la fille-femme reste fidèle à la lignée, elle ne fait que la gangrener et perpétuer la séparation.

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La fille est donc tout à la fois éduquée dans la soumission (se faire maltraiter, inférioriser, violer, etc) et dans la domination (prendre le pouvoir notamment sur l’homme dans un esprit de vengeance, de justice, de légitimité). La fille devient alors une femme qui a peur et qui oscille entre le désir d’aimer et celui qui a peur d’être blessée.

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La fille est programmée à subir et ne pas rentrer dans sa propre puissance. Elle se rejette parce que le féminin est renié.

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La fille devenu femme a donc à rompre le contrat de loyauté avec la lignée des femmes. Elle peut alors reconnaitre en conscience les blessures du passées et qui sévissent encore en ce monde mais refuser de les porter. Rompre le lien et couper le cordon, c’est alors se vider de la nécrose en son corps, son Être, de blessures purulentes qui sont « dépassées ». La femme rend la distorsion des femmes bafouées, soumises et tyranniques. Elle se soustrait du poids de la dette qui sépare l’homme et la femme. Elle exorcise la souffrance et la peur qui la relie aux hommes. Elle se réapproprie et se réconcilie alors avec son corps et le transforme en corps de jouissance. Elle a a reformater sa matrice, son utérus et sa créativité. Elle s’ouvre alors, se place dans l’accueil et la réception de la vie comme de l’homme. Elle remet de la mouvance.

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Pour ce faire, la femme a à transcender les blessures de soumission et de domination. Elle a à apprendre à se protéger, éveiller la femme « guerrière » en elle et/ou la femme sauvage, cette femme protectrice qui la laisse marcher en liberté sur la terre. Elle a aussi à se rappeler qu’elle est le cœur céleste, celle par qui l’amour se diffuse. Elle a à offrir son pardon pour libérer les attaches et les attentes.

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Mère-fils

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La mère transmet à son fils le poids de l’oppresseur. Elle devient alors inconsciemment une castratrice. Elle l’émascule dès la conception et lui interdit d’être un homme. Elle va ainsi le formater à travers le prisme de ses blessures.

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Elle est alors dans une toute-puissance. En « donnant la vie », la mère en déséquilibre tient l’homme. Elle a le pouvoir de vie ou de mort sur ce qu’elle enfante. Son fils est perçu comme un danger potentiel (puisqu’il est un homme en devenir). Si elle ne le tue pas, elle va lui transmettre une image fantasque de la femme et de l’homme. Elle va surtout lui véhiculer une image idéalisée mais corrompue d’elle-même en créant une dépendance affective à elle. C’est elle qui « décide » quand elle donne de l’affection, les soins et la nourriture d’amour à son fils.  En rendant le fils-l’homme dépendant à ses bonnes grâces, elle le contient et  le soumet. Elle ne lui offre par le flux d’amour, elle le perfuse en le maintenant tributaire… Elle lui interdit la liberté.

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Le fils va alors chercher désespérément sa place auprès de sa mère et « quémander » son attention comme son amour. Il se met alors à souffrir du rejet sans en comprendre la raison.

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L’arrogance de la femme blessée qui ressurgit à travers la mère va l’amener à punir son fils d’être un garçon. Inconsciemment, en châtiant le fils, elle vient chercher son dédommagement et sa vengeance. Elle cherche à le rendre inoffensif.

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Elle va aussi avoir une demande paradoxale, elle va chercher à ce qu’il soit celui qui reconnaisse ses blessures de femmes et vienne la sauver, là où personne n’a pu la sauver et ne s’est interposé lorsqu’il y a eu abus. Elle attend de ce fils-homme qu’elle formate qu’il vienne la protéger mais aussi la soutenir dans ses souffrances. Elle peut alors le choyer, le préférer par rapport à la fratrie (notamment les filles ou encore le père de l'enfant) ou même lui donner une place ambiguë d’homme, alors qu’il est un enfant, afin qu’il vienne répondre à son attente inconsciente.

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Le garçon dominé est alors conditionné à se soumettre et ne peut se révéler dans son masculin à l’âge adulte. Il devient fidèle aux blessures de femmes avec un immense sentiment de culpabilité de porter le poids de l’oppresseur. Il s’écrase et se renie (l’image de l’homme lui étant insupportable). Il cherche aussi l’amour que sa mère a contenu ou dont elle l’a privé et va chercher dans l’autre et notamment à travers le féminin ce qui lui manque (sans être assouvi). De plus, dans la demande paradoxale de la mère a être sauvée, le fils-homme va se construire confusément dans le devoir de sauver pour recevoir de l’attention. La place privilégiée donnée par la mère peut aussi l’amener à un sentiment de supériorité par rapport aux autres et notamment par rapport aux femmes. Il peut aussi être tellement humilié et/ou rejeté par sa mère qu’il va alors se développer dans la colère. Il se coupe alors de lui, ses émotions, de l’amour et se positionne dans sa toute-puissance. Il va dominer et, dans un processus inconscient, il va chercher à punir sa mère à travers toutes les femmes qu’il va rencontrer, et ce, parfois, dès l’enfance. Il va aussi chercher à posséder la femme afin d’obtenir d’elle ce qu’il lui manque (sa puissance qui lui a été « ôtée » par la mère et sa lignée). Le fils-l’homme est bien souvent imprégné de ces deux visages : soumission et domination. Et la mère crée un homme qui viendra perpétuer les blessures.

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Le fils n’étant pas encouragé à s’ouvrir dans son masculin va alors porter différents masques : le don juan, le chaud lapin, le protecteur, le sauveur, le père, le fort, etc. Il va se perdre et se chercher sous ses différents rôles sans jamais se trouver.

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C’est là aussi un cercle vicieux où l’homme et la femme se maltraitent, se punissent mutuellement et continuellement.

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Le fils devenu homme a donc à rompre avec la vile image que la femme lui a donné mais aussi avec le poids d’être l’oppresseur dont elle l’accable. Il a à sortir de son sentiment de culpabilité envers les souffrances qui lient les hommes et les femmes. Il peut alors reconnaitre en conscience les blessures du passées et qui sévissent encore en ce monde mais refuser de les porter. Rompre le lien et couper le cordon, c’est alors se vider de la nécrose en son corps, son Être, de blessures purulentes qui sont « dépassées ». L’homme rend la distorsion des femmes qui ont été possédées, violentées, par des hommes en quête de leur place et en recherche d’expression de leur pouvoir. Il se soustrait du poids de la dette qui sépare l’homme et la femme.

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Pour ce faire, l’homme a à transcender les blessures de soumission et de domination. Il a à se défaire de son attente d’être aimé et accueilli par la mère, la femme. Il a à exorciser son corps de l’envie de posséder la femme en la pénétrant. Il a à s’ouvrir dans son cœur et se nourrir d’Amour pour s’assouvir et se rassasier. Il a a reformater sa capacité d’ensemencer la vie et la femme, son centre énergétique qui féconde et permet toute création. Il a à accepter sa virilité pour s’ouvrir à l’homme qui donne, qui élève, protège la vie comme la femme. Il devient alors cette force aimante qui fertilise la terre. Il a à encourager la femme à s’éveiller à son féminin pour qu’elle se libère et libère les hommes. Il a aussi à se rappeler qu’il est le corps céleste, celui qui porte et octroie. Il a à offrir son pardon et accepter celui des femmes pour libérer les attaches et les attentes. 

 

Céline (02/11/17)

https://www.desvaguesalame.com/

 

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