Comment se manifeste l'ego ? 19.Orgueil et préjugés

January 11, 2018

Se sentir « spécial » jusqu’à se croire au-dessus des autres… « Moi je sais, moi je suis éveillé(e), moi ça, moi j’ai expérimenté/fait ceci et pas toi, je décide et ce n'est pas autrement, etc ». L’orgueil peut s’afficher ouvertement avec une attitude dictatoriale, c’est-à-dire qui impose visiblement son savoir, ses pensées, sa façon de vivre, de faire, d’être, etc. Il y a clairement l’étalage d’une domination (toute puissance) et soumission (préjugé d’infériorité de l’autre par rapport à soi). Cet orgueil glorifie. Mais l’orgueil peut aussi s’afficher sous une attitude qui semble bienveillante : « je sais et je vais te montrer ce qui est bon pour toi, je te donne cela car tu verras, c’est bien, mieux pour toi, j’ai déjà fait cela donc je t’offre mon expérience, je vais partager ceci pour t’aider, ça me fait plaisir de te donner cela, etc». Cela semble du don sauf que cela nourrit le « moi ». Cet orgueil comble avec beaucoup d'enrobage un manque affectif.

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L’orgueil rehausse arbitrairement l’estime de soi. En attirant l’attention, il anesthésie les souffrances et apporte affection, considération. L’admiration est amalgamé à de l’amour. Et, l’orgueil endort le discernement ! C’est en cela que c’est « pervers » car se laisser aller à l’orgueil rend difficile de s’en dépatouiller car l’orgueil apporte, en apparence, du bien voire beaucoup de bien et fait passer les pensées et les actions comme justes...

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L’orgueil est la résultante d’un manque d’Amour en Soi. De ce vide, l’Être va le chercher à travers les autres. L’attitude orgueilleuse attire l’extérieur et vient justement combler le manque tout en lui donnant le sentiment de s’enrichir, car la confiance en soi monte. L’orgueil se transforme alors en dépendance et l’Être nourrit ainsi son orgueil pour avoir toujours sa « dose » de « bien (mieux !) être » et comme cela semble juste...

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L’orgueil aveugle. Puisque c’est le « moi » qui voit et qui dirige, l’Être place ses préjugés orgueilleux autant sur lui que sur les autres. Sur Soi, il a, consciemment ou non, un sentiment de supériorité et se représente alors sous des qualificatifs de puissance mais aussi d’altruiste. Le meilleur mensonge est celui qui est fait à soi-même !

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L’orgueil place toujours au-dessus de l’autre. Donc, les préjugés envers autrui font que tout ce que l’autre apporte et qui ne va pas dans son sens sont sommairement rejetés. L’autre ne peut s’aligner à son niveau, il est en dessous ; il ne sert qu’à le nourrir. La relation à l’autre n’est donc pas équilibrée (pas de hauteur) mais hiérarchisée (avec un haut et un bas).

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Les préjugés entrainent jugements, exclusions, punitions et… séparation. Les préjugés viennent conforter l’orgueil. L’Être, dans ses pensées et actions se déséquilibre. Or, plus il se déséquilibre, plus l’Être se réfugie dans son orgueil et renforce ses préjugés sur ce qui est extérieur à son système de pensée. L’orgueil se gonfle d’orgueil…

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A s’enorgueillir, l’Être arrive à un point de rupture qui le fait chuter. La chute fait tomber à terre et plus l’Être est allé haut dans son orgueil plus la chute est douloureuse... De là, soit l’Être reste dans le déni et replonge aussitôt dans son orgueil (se voir étant insupportable), soit il y a une prise de conscience passagère mais la rencontre trop difficile fait replonger dans les mécanismes d’orgueil (se voir devenant insoutenable), soit il y a une réelle prise de conscience (réveil difficile qui apporte changements). Elle n’est alors pas dans la condamnation de soi mais la vision claire de sa part d’ombre. C’est aussi s’incliner et reconnaître la médiocrité de ce que l’Être peut faire lorsqu’il se laisse diriger par son égo orgueilleux (cela ne veut pas dire se juger mais discerner). C’est alors qui peut se ressaisir et modifier son attitude pour être dans sa Justesse.

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L’orgueil nécessite de la vigilance, il est facile d’y succomber sans s’en rendre compte. Il est facile de retomber dedans sous la même forme ou sous une autre… Cultiver l’humilité, discerner, s’observer, se remettre en questions évite les dérapages ou permet de s’en soustraire avec plus d’aisance. L’humilité, c’est reconnaitre ses faiblesses.

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L’humilité,  c’est cesser de voir par niveaux. C’est accorder que chaque état de conscience est juste. C’est accepter également que sa propre vérité n’a pas à être prêchée ni imposée ni même être approuvée.

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L’humilité, c’est ne pas graduer son lien à l’autre. C’est ouvrir son esprit et son Cœur et consentir à ce que l’autre à beaucoup à donner, peut-être même bien plus que tout ce que l’Être peut penser… Les autres ne sont pas des faire-valoir, ne sont pas des outils à son service (ils ne lui doivent rien). C'est être dans l'accueil et accepter de recevoir.

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L’humilité, c’est cesser d’exister à travers le « moi ». Être. C’est par la reconnaissance de sa petitesse que la grandeur d’Âme s’éveille. C’est en devenant rien que l’on est Tout…

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Incliner le « moi ». Alors le don fait place. Ce qui vient alors de l’intérieur se diffuse à l’extérieur par de la simple présence, l’irradiation de son Être, la transmission. Cela ne sert ni ne dessert l’Être, cela n’apporte rien, n'attend rien, ne demande rien non plus. Le don est l’équilibre de l’Être où se propage La Lumière.

 

Céline (03/11/16)

https://www.desvaguesalame.com/

 

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