Argent : pauvreté et humiliation

December 13, 2018

Le sentiment de pauvreté donne l’impression à l’Être de ne pas vivre une vie décente, il ne répond pas à ses besoins vitaux et/ou à ceux formatés et induits par la société. Il est dans le manque perpétuel et cela provoque en lui frustration, découragement, abattement et amertume.

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Le manque d’argent génère de l’humiliation et un sentiment d’infériorité. L’Être est atteint dans sa dignité, sa puissance, son autonomie et sa propre valeur. Il n’a pas ou perd l’estime de lui-même, la confiance en lui et donc le respect de lui-même. Cette humiliation déprécie sa façon de vivre et engendre alors un manque d’argent conséquent. L’Être se retrouve enfermé dans une boucle dont il ne réussit pas à en sortir. Il alimente alors lui-même cette condition de pauvreté matérielle et d’amour de soi (Il se sent pauvre et engendre cette pauvreté qui l’accable)

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L'humiliation par le manque d'argent enferme l'Être dans l'impuissance et l'incapacité à être autonome. Il ne peut alors pas subvenir à ses besoins voire également à ceux de sa famille. Cette atteinte le diminue et le rabaisse. Il a ainsi les pieds et les poings liés dans ses capacités de pensées et d'actions. Le manque d'argent entraînant des conséquences sur sa façon de vivre, l'Être se retrouve à devoir s'occuper et se tracasser de comment « survivre » et ainsi faire rentrer de l'argent pour subvenir à ses besoins. Mais il reste dans un réactionnel et sous le joug de la pauvreté qui l'empêche de se révéler dans ses pleins potentiels comme sa propre puissance. 

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La pauvreté a pour but d'avilir et d'utiliser une main d'oeuvre servile. (voir le texte « Une société de faire (fers) »)

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Comme la société est hiérarchisée et monétisée, la classification liée à l’argent entraîne les plus démunis dans une non conscience de leur situation dans tout ce qu’elle engrange et génère. Elle les dégrade autant dans l’image d’eux même que dans leur façon de vivre. Cette pauvreté devenant leur quotidien et la condition liée à leurs choix, ils se retrouvent limités et tirés vers le bas. Ce manque d’argent les humilie jusqu’à ce qu’ils intègrent l’infériorité comme une norme et vont apprendre à se satisfaire de réussites arbitraires. Ils s’identifient à l’indignité.

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L’Être s’assimile au fait qu’il n’est rien et n’a rien et donc qu’il ne peut être rien et n’avoir rien. La pauvreté sous-entend richesse et donc dualité et hiérarchie. La richesse est alors réservée à une élite qui a le pouvoir et qui asservit. L’argent, notamment à travers la pauvreté, permet donc de contrôler. Même l’indignation pouvant amener un soulèvement est sous contrôle : cela fait naître l’espoir qui induit la croyance de changement. L’Être s’imagine alors sortir de sa condition et révolutionner le système. Or, c’est un leurre, chaque système qui semble s’effondrer fait place à un nouveau système qui est structuré, dans son fondement, exactement de la même manière que les précédents. Par ailleurs, cet élan révolutionnaire pousse les indignés à fournir des efforts et se surpasser. Ceci bien contrôlé, permet à l’élite de davantage s’enrichir…

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Ce qu’il y a à comprendre, c’est que cette monétisation sociétale permet de maintenir la hiérarchisation. La pauvreté où les Êtres naviguent entre résignation et indignation, permet à une élite de conserver des privilèges. Elle a aussi besoin de personnes qui sont suffisamment identifiées à une image dégradée d’eux-mêmes pour la servir et l’enrichir. Ce système est extrêmement bien établit et implanté dans les esprits.

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L’argent, sous le joug des processus de domination et soumission, s’attache à justifier la supériorité des uns pour humilier ceux jugés comme inférieurs. L’argent achète alors le droit de s’enrichir sur le dos des autres, de profiter ou même de réduire en esclavage. La domination liée à l’enrichissement légitime alors la maltraitance, le dénigrement, l’asservissement comme l'anéantissement. Cela pousse à la classification qui va humilier ceux considérés comme inférieurs.

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Si l’Être est indigne et sans valeur, il appelle des êtres qui vont l’humilier, le dégrader, le manipuler mais aussi des situations d’échecs, de dettes et de faillites. Il reste cloîtré dans une condition de pauvreté et le rôle de victime. Cette mésestime de lui-même va l’amener à des choix déterminés à se dévaloriser au niveau personnel et/ou pécuniaire. L’Être cherche alors à se rabaisser voire se salir pour rester fidèle à l’image dégradée qu’il a de lui-même.

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L’Être se retrouve également dans un fort sentiment de culpabilité dès qu’il a un semblant de richesse qu’il va dépenser pour répondre à ses besoins ou à des plaisirs (en graduant les plaisirs pour évaluer ce qui mérite des dépenses) et/ou va être dans des excès et la compulsion parce que pour lui la pression face au manque le fait basculer dans la démesure. Il devient un acheteur qui va dépenser et surtout consommer de l’argent. Il va donc entretenir et maintenir sa situation de pauvreté voire d’endettement. Dans sa situation, l’Être n’a pas le droit de se réjouir ni de se faire du bien, il est condamné à la privation.

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L’Être peut recevoir des aides sociales, des pensions ou autres entrées d’argent extérieures à sa propre action mais cela, loin de l’impulser, peut le dévaloriser et l’humilier davantage. Il ne peut subvenir à ses propres besoins et c’est par la charité et/ou la mendicité qu’il doit s’en sortir, cela le blesse et atteint sa dignité. Alors, pas fierté, il peut refuser d’avoir des aides ou de les demander ce qui va avoir pour conséquence de maintenir voir de dégrader sa précarité. Ou, pas ressentiment et rejet de cette société qui l’accable, il va considérer ces aides comme normales voire un dû (plus ou moins consciemment) ou encore en profiter pour vivre, voir tricher pour « s’enrichir ». Il est dans le ressentiment et la vengeance.

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L’Être peut aussi voler des inconnus, des systèmes, des proches, des clients, employeurs, etc. Il légitime le vol par son manque d’argent. Le vol est loin d’être fait par nécessité, c’est la convoitise, la jalousie, son sentiment exacerbé d’humiliation qui vont justifier, selon lui, et souvent inconsciemment, qu’il vole ou arnaque. Il y a une forme de punition dans son geste contre l’autre ou plus largement contre ce système qui selon lui le rend pauvre.

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Dans sa situation, même s’il a des rentrées d’argent, l’Être a intégré la pauvreté comme un fait établi. Ainsi, peu importe l’argent qu’il gagne, il reste dans la pénurie et va donc agir, souvent de façon inconsciente, de manière, à ce qu’au final, il se retrouve sans argent. Il va donc consommer et/ou appeler à lui des situations qui vont l’amener à dépenser de l’argent.

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Cette pauvreté peut s’inscrire par le fait que quoi qu’il arrive, l’Être n’a pas assez d’argent pour subvenir à ses besoins. Ainsi, il a du mal ou ne peut payer ou acheter de quoi se nourrir, se loger, se vêtir, se chauffer, etc. Il est bien entendu que les loisirs sont bannis. L’Être est en mode survie. Son esprit est accaparé par la  recherche de solutions pour s’en sortir. Entre économies au niveau de ses dépenses et trouver de l’argent, sa vie tourne autour de l’argent parce que c'est sa réalité et ses choix en dépendent.

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Il peut aussi être dans une situation pécuniaire « confortable » mais s’appauvrir par des comportements et réactionnels déséquilibrés qui le vont le placer dans une forme de pauvreté et de pénurie. Il se ruine donc tout seul. C’est du sabotage.

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Il se peut aussi que l’Être cherche à sortir de sa condition mais il va le faire par le prisme des carences qu’il subit et va donc se placer dans l’envie, la convoitise et la comparaison ou encore la dépense arbitraire. Il veut alors obtenir ce que l’autre a ou comme l’autre a. Il cherche l’égalité, se mettre à niveau en évaluant sa situation par rapport aux autres et à la norme. Il peut ainsi se mettre dans la consommation de tout et n’importe quoi pour remplir son sentiment de normalité par le fait qu’il peut, lui aussi, consommer (il se norme au moule sociétal). Donc plus il intente de sortir de la pauvreté, plus il gonfle le sentiment de manque (même si sa situation financière change en mieux). Il va toutefois plutôt maintenir inconsciemment la pénurie financière.

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Il peut aussi être dans un rejet farouche du système voire se marginaliser. L'Être cherche à truander et frauder le système qu'il trouve corrompu. Sa technique c'est d'utiliser ce qu'il considère comme les mêmes règles que le système étatique et économique contre ce dernier. Il est dans le ressentiment.

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De là, il peut soit s’y faire et se résigner (Il va alors nier sa souffrance due aux manques) ou soit, au fil du temps, plonger dans la déprime ou la colère (ou naviguer entre les deux états). Sa situation frustrante va lui être alors insupportable et intolérable, et c’est, dans cette indignation, qu’il va pouvoir s’éveiller pour changer

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L’Être est donc indigne, incapable et l’argent devient le bras qui sert à l’humilier. Son rapport à l’argent est donc biaisé. Plus il cherche de l’argent ou se bat contre lui pour s’en sortir et vivre une vie décente, plus il joue le jeu de l’humiliation. De cette manière, il dirige son intention vers ce qui va l’humilier ! 

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L’Être a d’abord à chercher à sortir de cette mésestime de lui-même en se dirigeant vers la connaissance de sa propre valeur (voir le texte La valeur de l'Être). Ce qui est un premier pas qui va apprendre à l’Être à se monétiser. En effet, humilié par l’argent, il le rejette. L’estime de lui et donc son estimation pécuniaire sont basses. Il est important qu’il se monétise parce que ce monde est lui-même monétisé et que l'Être en rejet de sa propre valeur est dans une forme de refus d'argent... Cette action va donc lui permettre d’y trouver sa place par sa valeur.

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Il a ensuite à se détacher de cette valeur car cette dernière indique que l’Être équivaut à un prix. Il est important que l’Être ne tombe pas sous le joug de qualités (mesurables donc comparables) qui pourraient le définir.

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Il a aussi à travailler les réactionnels liés à son sentiment de pauvreté et d'humiliation qui en découlent : achats compulsifs, le manque, l'endettement, les économies, l'organisation monétaire dans son quotidien, l'arnaque, le vol, etc. Toutes ses ramifications liées à des déséquilibres le maintiennent dans une précarité. Il a donc à s'en défaire.

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Et puis, il a à reconnaître sa puissance pour sortir de l'humiliation qui le rabaisse et le place dans un rôle de victime qui subit. Dans sa puissance, il ne peut être atteint. L'Être se regarde de façon autre, avec dignité et fierté. Il rehausse la tête et épure ses pensées. Il est capable, doué, ingénieux. Il peut faire. Il peut être. Alors, il se place dans l'action juste, celle qui résonne avec sa puissance et son Êtreté. L'argent ne l'écrase plus puisqu'il devient acteur de l'argent qu'il fait circuler dans sa vie. L'argent est alors mouvance et un partenaire de danse...

 

Céline (sept-oct-nov 2018)

https://www.desvaguesalame.com/

 

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