Comment se manifeste l'ego ? 24. Passé et ruminations

September 9, 2019

Je repense au passé, je ressasse des souvenirs, je ramène sur le tapis des événements vécus, je rabâche les mêmes histoires. Je tourne en boucle tel un hamster mais je ne m'arrête pas là, à ressasser ce passé, je le rumine et ne le digère pas. Je remange ainsi les mêmes plats... et, au passage, je les ressers également à ceux qui m'entourent !

*

Ruminer, c'est regarder en arrière sans en sortir. Je peux me montrer alors rancunier-e, vindicatif-ve, colérique, triste, déprimé-e, anxieu-se, attentiste. Ce passé me hante car je n'accepte pas ce que j'ai vécu ni comment j'ai réagis et encore moins les attitudes extérieures. Je reste enfermé-e dans mes émotions qui me dévorent et suis dans le rejet.

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Je peux devenir défaitiste, méprisant-e, haineux-se. Je peux m'en vouloir à moi-même ou aux autres. J'utilise la culpabilité et la colère contre moi ou l'extérieur. Je me le fais payer t/ou je condamne autrui. Je vomis ma violence intérieure et me place dans le ressentiment. Je suis agité-e, indigné-e et je fulmine. Je critique, incrimine et condamne. Je n'accepte pas ma violence puisque je l'impute aux autres, je ne prends pas la responsabilité de ce volcan qui m'habite et s'avère destructeur envers moi-même et l'extérieur. La non digestion de mon passé, c'est la non assimilation d'une expérience et l'impossibilité de sublimer la vie.

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Je peux aussi me montrer nostalgique. Je rumine ainsi mon passé pour m'accrocher à un bonheur perdu qui a souvent été embelli et fantasmé. Je me mens alors à moi même et vis dans une chimère qui n'existe que dans ma tête. C'était mieux avant ! Je renie ma vie actuelle, je renie la vie tout court. Je la compare au passé avec mélancolie ou amertume. Je n'accepte pas l'impermanence de la vie, sa fluidité, la mort perpétuelle laissant place au renouveau. Je ne digère pas mon passé ni son expérience et ne sais pas l'assimiler à ma vie actuelle.

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Je peux aussi me montrer angoissé-e. J'évoque alors sans cesse le passé comme si je cherchais à l'exorciser. Je rumine ce qui m'a traumatisé-e et cherche, en vain, une solution, là où je n'ai pu en trouver. Je tourne en boucle en mêlant mes angoisses à de la colère et/ou une profonde tristesse. J'ai peur de me retrouver de nouveau blessé-e et je ne me rends pas compte que cette peur ne fait qu'entretenir ma souffrance. Je me cuirasse dans ce passé. Je suis dans l'insécurité et la répulsion, cette dernière pouvant basculer dans l'hostilité. Ramener ce passé dans mon présent, c'est comme chercher à le changer. Je n'accepte pas cette blessure en moi, mes fragilités, mes impuissances. La non digestion de mon passé, c'est la non possibilité de se pardonner et de remercier la vie pour sa richesse qui fait grandir.

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Stop ! A ruminer, je suis en train de m'ulcérer ! J'observe comment non seulement j'amène le passé dans mon présent mais aussi comment je le fais resurgir. Entre en parler, y penser, regarder des photos, des vidéos, revoir et/ou garder des personnes qui m'y attache, conserver des objets, etc, je peux percevoir les portes d'entrées de ce passé dans mon présent. J'observe aussi comment il se manifeste dans ma tête et mon expression : avec colère ? Nostalgie ? Peur ? Je sonde alors en moi ce que ses ruminations me montre : qu'est ce que je ne digère pas ? Qu'est ce qui n'a pas été accepté ? Qu'est ce que je refuse de laisser partir ?

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Alors je me sers de ces ruminations pour entendre mon chaos intérieur, cette blessure refoulée. J'écoute cette histoire que je me raconte sans cesse pour entendre ma faille, et j'y plonge pour me transformer. Je cesse de laisser ce passé me diriger dans mon présent (entre peur, colère et tristesse qui m'amène dans du rejet) pour me positionner dans le fait de me servir de ce passé pour m'écrire dans le présent. Et je m'en détache.

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Ce passé, j'apprends à l'évoquer alors sans affect (ou sinon cela veut dire que ma blessure est toujours vivace), c'est-à-dire sans critique, colère, mépris ni même nostalgie, mélancolie, déprime ou encore peur, anxiété, répulsion. Si je l'évoque, c'est avec recul et paix. J'ai compris. J'ai assimilé mon histoire, je l'intègre en moi-même et évacue la souffrance qui y est attachée. Je peux alors m'offrir le pardon, me repentir et exprimer de la gratitude.

*

Et plus je laisse partir ce passé moins il me semble "nécessaire" de l'évoquer. Je ne suis pas dans la fuite ni le refoulement, ce passé en étant ingérer devient un souvenir lointain comme une vague trace. J'ai habité cet espace temps qui est aujourd'hui révolu. Je me suis enrichi-e de cette expérience et là laisse derrière moi. 

*

Je me reprendrai mille fois, cent mille fois, des millions de fois si nécessaire mais, je ne m’enchaînerai pas davantage et je me décide de m’éveiller et vivre.

 

Céline (04/05/19)

https://www.desvaguesalame.com/

 

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