La revendication des ancêtres

April 2, 2019

Cellulairement, chaque Être porte en lui l’ensemble de l’humanité et spécifiquement sa lignée familiale. Nombreuses sont en souffrance. Elles sont alors tout à la fois dans une demande de reconnaissance et de guérison de leurs blessures (dans un processus qu’elles n’ont pas pu/su faire) et une demande de fidélité à leurs tourments. L'une comme l'autre attachent l'Être et l'empêche de se réaliser. Il ne peut alors sortir des schémas répétitifs de souffrances et devient un prolongement inconscient qui maintient déséquilibres et distorsions. 

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Tout ceci est transmis de façon cellulaire, dès la conception de l'enfant. Les blessures sont héréditaires jusqu'à ce qu'un Être les stoppent. Cette déprogrammation libère alors la lignée autant au niveau des ascendants que les descendants (ils n'auront qu'à nettoyer les résidus qui « flottent »).

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Ces blessures transgénérationnelles n'impactent pas de la même manière toute la famille. En effet, en fonction de l'Être et de la blessure, certains membres vont être plus ou moins touchés. Cela peut aussi dépendre du sexe, de l'histoire familiale, culturelle, sociale, etc...

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Ces blessures transgénérationnelles, si elles sont implantées dans le code génétique de l'humain quand il est conçu, vont se tisser pendant l'enfance jusqu'à imprégner l'Être. Les blessures prennent alors forme dans sa vie, dans un schéma répétitif ou vont se cristalliser en lui comme des chimères sans que l'Être l'ait personnellement vécu. Les blessures des ancêtres sont alors des fantômes qui l'habitent.

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Lorsque les blessures se répètent, il y a un processus énergétique qui enchâsse l'ensemble de la famille à réitérer et faire perdurer des schémas destructeurs. Ainsi, chacun de ses membres se retrouve affublé, inconsciemment, d'un rôle qui va maintenir ce déséquilibre, de génération en génération. Ces familles sont généralement dans les non-dits, les secrets, les silences car c'est par ce qui est « caché » que les déséquilibres peuvent exister et se perpétuer... L'Être ou les Êtres sont les victimes patentes du déséquilibre

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Lorsque l'Être porte les stigmates de blessures de ses ancêtres sans avoir vécu personnellement le traumatisme, il devient le symptôme latent du déséquilibre. Il symbolise le secret (puisque rien n'est dit et que son corps exprime une souffrance transgénérationnelle). Il est alors dans des réactionnels qui le dépassent. Il manifeste des résurgences traumatiques qu'il ne comprend pas et qui vont l'amener souvent dans des comportements extrêmes. Ce sont ses ancêtres qui prennent « possession » de son corps, de ses actes et de ses mots. Par ses attitudes, il est dérangeant dans et pour le fonctionnement déficient familial. Il appelle à lui le rejet car ses réactionnels sont une manière de dévoiler le caché. Pour autant, imbibé par les stigmates qui le contrôlent, il va prendre son rôle et répéter le schéma induit par ses ancêtres.

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Quoiqu'il en soit, l'Être n'est pas libre de son action, il est le corps où ses ancêtres réagissent à travers lui. Il est donc « possédé ». Ses ancêtres n'ont pas volonté de nuire, ils sont enfermés dans leurs drames qu'ils exorcisent en vivant et s'activant à travers leur lignée.

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Ainsi, les ancêtres, dans leur demande de fidélité aux blessures, poussent l'Être à faire perdurer le déséquilibre. Pourquoi ? Parce que la souffrance est tellement grande qu'il y a une recherche inconsciente de reconnaissance dans la répétition de la blessure. L'ancêtre blessé trouve une forme d'apaisement quand la lignée perpétue sa blessure parce qu'il n'est plus « seul » (la blessure s'enracine dans le secret et donc la solitude de la souffrance). Ainsi, plus elle s'extériorise et se perpétue, plus l'ancêtre se sent compris et entendu : d'autres vivent ce qu'il a vécu.

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Les ancêtres demandent aussi à leurs descendants de stopper la souffrance et de venir les réparer voire les dédommager. Parce que la souffrance n'a pas été reconnue, elle est cristallisée et continuelle pour ses ancêtres... Sauf que cette demande n'est pas une quête de sublimation (parce qu'ils n'en ont pas conscience), ils veulent donc que cela disparaisse, comme si le passé pouvait être effacé. Ils poussent l'Être dans le déni et le refoulement et rejouent à travers lui la victimisation, la quête de justice, le besoin de réparation. Mais cela ne leur suffit pas, la souffrance ne s'apaise pas car rien ne répond finalement à leur besoin (effacer le passé).

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D'autres ancêtres sont dans une conscience plus grande et sont dans une demande de guérison auprès de leur lignée (leur imprégnation énergétique a évoluée dans cette conscientisation). Ils « accompagnent  » donc l'Être dans la transmutation, s'ils lui font vivre à travers lui leurs réactionnels, c'est dans une poussée de conscientisation de la souffrance. A travers l'Être, ses ressentis, ses expérimentations, ses réactionnels, ses choix et ses transformations, ils vivent leur propre sublimation.

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Toutes ces attitudes sévissent à travers l'Être et l'accaparent. Il est donc tiraillé, dans des réactionnels contradictoires qui lui embrouillent l'esprit. Il est aussi dans une confusion entre ses propres réactionnels et celui de ses ancêtres. En effet, il a des difficultés à se comprendre et à agir, car il n'a, bien souvent, pas conscience qu'il n'est pas seul à travers lui et donc il est incapable de discerner ses comportements propres de ceux de ses ancêtres.

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Face aux revendications de ses ancêtres, le rôle de l'Être est d'apporter la paix. C'est ainsi qu'il y a sublimation.

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Pour ce faire, il est primordial que l'Être identifie ses réactionnels pour ensuite œuvrer en lui. Il va alors observer sa souffrance pour repérer ce qui lui appartient (ses propres réactionnels et blessures) de ce qui incombe à ses ancêtres. De ces derniers, il va discerner les blessures transgénérationnelles qui se répètent « ouvertement  » (le porteur patent) et les symptômes de blessures cachées (le porteur latent). Il va ainsi dessiner l'ossature de ce qui agit à travers lui et distinguer les différents acteurs comme réactionnels.

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Alors, l'Être va pouvoir à la fois intégrer ces souffrances de son métabolisme et les évacuer, c'est-à-dire, qu'il va absorber la blessure de ses ancêtres pour la transmuer et libérer ainsi autant de lui que de sa lignée.

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Il a donc à entendre les revendications de ses ancêtres sans que ces dernières le manipulent. Quelles sont leurs demandes ? Il est donc très important que l'Être sache s'écouter. Qu'est ce qui veut s'exprimer à travers lui ? Qu'est ce qui l'impulse dans ses réactionnels ? En entendant, l'Être va pouvoir leur répondre, leur parler en son corps sans les juger ni se faire submerger. Il a à entrer dans une compassion sans basculer dans la sensiblerie. Il a aussi à reconnaître sa singularité dans cette famille (« Je suis de/dans cette lignée mais je n'appartiens pas à cette lignée ») pour qu'il trouve sa place sans se faire dévorer par les souffrances qui se perpétuent. L'Être va donc revendiquer son autonomie auprès de sa lignée et ainsi entrer dans un processus d'émancipation. L'émancipation permet de couper les liens nécrosés pour aller transcender les blessures familiales.

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Lorsque les réactionnels le dépassent, il a à composer avec : parler à ses ancêtres en sa tête pour leur dire qu'ils les a bien entendu et qu'ils leurs proposent une autre façon de faire. L'Être va alors imaginer et créer (penser et agir) de nouvelles attitudes malgré les peurs, les souffrances qui sont présentes (il a donc à se sécuriser à l'intérieur de lui). Lorsqu'il est dans un réactionnel trop fort au point de se laisser submerger, il a à s'offrir de la bienveillance pour ensuite aborder cela à tête reposée et avec émotionnel moins vif.

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Alors l'Être va proposer à travers son existence une mouvance énergétique par une posture différente et donc inhabituelle par rapport à ses comportements « d'avant ». L'Être va innover. Il n'est ni dans le mimétisme ni la contestation, il est dans la création et l'équilibre. Ce qu'il va décider d'actionner est nouveau pour lui et c'est dans cette nouveauté qu'il trouve la paix et l'ouverture. Il défait et déleste alors la lignée d'un mécanisme limitant parce qu'il n'y a plus de prise et d'emprise. 

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La revendication des ancêtres ne peut être entendue, comprise et reconnue non plus/pas par une fidélité aux blessures mais par une métamorphose intérieure qui conçoit des façons de penser et de se comporter originales qui vont se révéler par une action authentique de cœur. Alors la revendication s'estompe jusqu'à se dissiper. Les ancêtres se laissent porter et apprennent par cette nouvelle mouvance qu'ils intègrent par l'expérience qu'expérimente leur descendant. Ils retransmettent alors au niveau cellulaire et énergétique aux protagonistes et lignées avec lesquels ils ont été en interaction dans la formation de leurs blessures. La déprogrammation agit ainsi au niveau spacio-temporel et réencode peu à peu l'humanité. Plus d'Êtres œuvrent sur leurs transgénérationnels, plus l'humanité bénéficie d'une purification et régénération globale... Œuvrer sur soi est une déclaration d'amour à l'ensemble de l'humanité.

 

Céline (septembre-octobre 2018-mars 2019)

https://www.desvaguesalame.com/

 

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